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Présence militaire franco-américaine au Sahel : décryptage d’un projet confus

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Militaires américains. (Archives)

Près de 1.000 GI’s US et 4.000 soldats français sont entrés dans une opération au Sahel, aux côtés du G5 Sahel (G5S) dans le cadre de la soi-disant lutte contre le terrorisme. Mais, la vérité est tout autre : l’Occident vise à restreindre la présence chinoise dans sa sphère d’influence en Afrique.

Depuis quelques jours des forces militaires réunies sous la bannière du G5 Sahel (GS5) composées du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, sont entrées en opération. Au premier regard, le but avoué de ces opérations conjointes parrainées par la France et les États-Unis semblent lutter contre le terrorisme.

Le premier constat est que le Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc), initiative militaire régionale regroupant la Mauritanie, le Mali, le Niger et l’Algérie, lancée en avril 2010 et qui n’a pas montré de résultats concluants, est mis hors-jeu. Deuxième constat est que la première puissance régionale, l’Algérie, en l’occurrence, ne fait pas partie de cet ensemble nouvellement créé. Et ce, alors que le pays partage quelque 2.786 km de frontières avec les pays membres du G5S ». Or sur le terrain des opérations antiterroristes, l’Algérie n’est ni consultée ni sollicitée. Ce qui nous amène à poser un certain nombre de questions sur les vrais objectifs de cette alliance militaire. Il y a actuellement au Sahel des forces de l’ONU pour le maintien de la paix, il y a 4.000 soldats des unités françaises de l’opération Barkane, une bonne partie d’un contingent de 6.000 soldats américains sur le continent qui sont stationnés dans cette région. Les Américains comptent même ouvrir une base aérienne dans la région d’Agadez, qui servira de support aux interventions de l’Africom au Mali, Tchad, Burkina Faso et en Libye, où ils effectuent déjà des frappes aériennes. C’est quand même trop exagéré par rapport à la nature de la menace. Les experts les plus aguerris et les observateurs les plus avertis sont unanimes à soutenir que le nombre de terroristes actifs dans la région ne dépasse pas quelques centaines. Il y a quelques décennies, il s’agissait de stopper l’influence soviétique au Moyen-Orient et aujourd’hui en Afrique c’est l’avancée chinoise qu’il faut stopper. Depuis 2009, la Chine est devenue le plus grand partenaire commercial de l’Afrique ; le chiffre d’affaires étant passé de 10 milliards de dollars en l’an 2000 à 220 milliards en 2014. Récemment, le président chinois Xi Jinping s’était engagé à débourser 60 milliards de dollars au développement des infrastructures en Afrique. Tout simplement une provocation pour les Occidentaux qui ont déjà du mal à asphalter une simple piste au nord du Mali. Voilà qui clôt la boucle des interrogations, mais qui ouvre de sombres perspectives pour le continent. 
Washington ne va-t-il pas rééditer en Afrique les mêmes interventions catastrophiques qui ont conduit à la destruction pure et simple des États pourtant solides, à la mort de centaines de milliers de personnes et des millions de réfugiés ?

Avec Alterinfo

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SOURCE: FRENCH PRESS TV